« Leur surpopulation cause de gros dégâts » : pourquoi les grands cormorans sont abattus légalement

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Le débat est explosif, et il ne laisse personne indifférent. Dans les Pyrénées-Orientales, des grands cormorans peuvent désormais être capturés, transportés et même abattus légalement dans un cadre bien précis. Derrière cette décision, il y a une question simple mais très sensible. Comment protéger les poissons sans mettre en danger une espèce protégée ?

Pourquoi l’État autorise cette destruction

La préfecture a signé un arrêté pour répondre à des dégâts observés dans des sites de pisciculture. L’idée n’est pas seulement de réduire la présence de ces oiseaux. Il s’agit aussi de mieux comprendre leur impact réel sur des populations de poissons fragilisées.

Selon les services de l’État, cette démarche s’inscrit dans un protocole scientifique. Les contenus stomacaux de 35 cormorans doivent être étudiés. L’objectif est d’obtenir des données solides, au lieu de se contenter d’hypothèses ou d’impressions.

Un oiseau protégé, mais de plus en plus contesté

Le grand cormoran est une espèce protégée. C’est là que tout se complique. D’un côté, il bénéficie d’un statut de conservation. De l’autre, certains pisciculteurs disent subir des pertes bien réelles.

La préfecture affirme qu’il n’existe pas d’autre solution pour mesurer l’impact des prélèvements du cormoran dans le département. Elle précise aussi que cette dérogation ne met pas en danger l’espèce dans son aire naturelle. Sur le papier, le cadre est donc très strict. Sur le terrain, le débat reste brûlant.

Des avis très opposés sur le terrain

Pour la fédération de pêche, cette décision s’inscrit dans un protocole scientifique défini par arrêté ministériel. Les pêcheurs catalans suivent ainsi l’exemple des Audois, déjà engagés dans la même démarche en 2025. Pour eux, il faut agir avant que les dégâts ne deviennent irréversibles.

En face, le Groupe Ornithologique du Roussillon conteste totalement cette logique. Son représentant estime qu’il est inutile de tuer des oiseaux pour avancer sur ce dossier. Il évoque d’autres pistes, comme les analyses ADN sur des captures ou l’étude des pelotes de déjection. Il rappelle aussi que la baisse des poissons peut venir d’autres causes, comme la pollution ou la pression de la pêche.

Ce que mangent vraiment les cormorans

Un agent de l’Office français de la biodiversité nuance lui aussi le discours alarmiste. Selon son expérience, le cormoran mange souvent de la perche et du gardon, deux espèces non autochtones introduites par l’homme. Cela change la perspective. Le cormoran n’est pas forcément le seul responsable, ni même le principal.

Mais sur les bassins piscicoles, la perception est différente. Quand des poissons disparaissent, le préjudice se voit tout de suite. Le pêcheur, lui, ne pense pas à une étude. Il pense à ses pertes, à son travail, à ses stocks. Et parfois, à sa survie économique.

Une demande d’indemnisation qui monte

Dans ce contexte, certains réclament une compensation financière, un peu comme pour les dégâts causés par les sangliers. L’idée choque certains défenseurs des oiseaux, mais elle séduit ceux qui subissent les attaques répétées. Pour eux, si les dégâts sont reconnus, ils doivent être indemnisés.

Un pisciculteur du secteur va encore plus loin. Il estime que le cormoran, oiseau maritime selon lui, devrait rester en mer. Il parle de surpopulation, de maladies et d’impact direct sur la truite Fario, une espèce protégée très sensible. Son message est clair. Sans réponse concrète, la colère continuera de monter.

Pourquoi cette affaire va au-delà d’un simple conflit local

Cette histoire ne concerne pas seulement quelques bassins dans les Pyrénées-Orientales. Elle pose une vraie question de fond. Comment gérer une espèce protégée quand sa présence devient source de dégâts pour d’autres espèces elles-mêmes protégées ?

Le paradoxe est fort. Protéger un animal pour en préserver un autre. Mesurer l’impact d’un prédateur pour sauver une faune fragile. Ce genre de situation montre à quel point la nature n’est jamais simple à administrer.

Ce qu’il faut retenir

Le dossier du grand cormoran est sensible, car il mélange science, protection de la biodiversité et économie locale. L’État parle d’une étude nécessaire. Les opposants parlent d’une solution excessive. Les pisciculteurs, eux, demandent des réponses rapides et concrètes.

Au fond, la vraie question reste la même. Faut-il réduire une population d’oiseaux pour protéger des poissons, ou chercher d’abord d’autres causes aux dégâts observés ? Tant que les faits ne seront pas clairement tranchés, le sujet continuera de diviser.

Olivier Montel
Olivier Montel

Je vis a Cergy et je couvre les questions liees aux animaux domestiques depuis 9 ans. J'ecris surtout sur le comportement du chien et du chat, avec un suivi serre de l'actualite animale locale. J'aime les infos utiles qui servent tout de suite.

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